Bigotry

De Wikipie12

Les tartuffiards de l'Histoire :

Ou comment Daniel Goldhagen diffame l'Eglise catholique.

D'après l'article du rabbin David G. Dalin,
Paru au "Weekly Standard" le 10/02/2003 sous le titre original "History as Bigotry" (lien vers article original).

Dans son numéro du 21 janvier 2002, le journal "New Republic" consacra vingt-quatre pages à une tribune de Daniel Jonah Goldhagen titrée "Qu'aurait fait Jésus ?", l'une des plus virulentes attaques contre l'Eglise catholique jamais publiée par un grand journal américain. Cet automne, Goldhagen transforma l'essai dans un livre, une bien curieuse et violente production intitulée "A moral Reckoning : The Role of the Catholic Church in the Holocaust and Its Unfulfilled Duty of Repair" [Le devoir de morale : Le rôle de L'Eglise catholique dans l'Holocauste et son devoir non rempli de repentence], sur le rôle du Vatican pendant l'Holocauste.

Goldhagen n'en est pas à son premier coup dans le domaine de la controverse. Dans un livre paru en 1996, "Hitler's Willing Executioners" ["Les bourreaux volontaires d'Hitler"], il soutenait que la responsabilité de l'Holocauste aurait du être imputée à tous les Allemands, parce que l'antisémitisme d'extermination aurait été largement répandu chez les Allemands de l'entre-deux-guerres, et qu'il fut intrinsèque au caractère allemand. Les exterminations nazies ont pu alors se produire car une vaste majorité d'Allemands était prédisposée à tuer les Juifs. Bien que l'ouvrage offrit à Goldhagen une renommée internationale, les thèses simplistes de son livre furent largement critiquées par les spécialistes sérieux et les historiens.
Dans le livre "A Moral Reckoning", l'argumentation de Goldhagen est, une fois de plus, simpliste. Elle est aussi malhonnête et trompeuse. Il désigne la chrétienté, et particulièrement l'Eglise catholique, comme la source majeure de l'antisémitisme du monde - ancien, médiéval et contemporain. Tandis qu'il accuse Pie XII d'être antisémite et collaborateur, ignorant toutes les preuves du contraire, Goldhagen va plus loin en taxant d'antisémitisme l'Eglise catholique dans sa totalité, y compris ses chefs et notamment l'Eglise actuelle du pontificat de Jean-Paul II.
Pourtant, le livre contient tellement d'erreurs, de faits inexacts, d'arguments fallacieux (sa conclusion, à la fois bizarre et dangereuse, prétend que le christianisme est par essence un antisémitisme), que la plupart des spécialistes de cette époque ont simplement essayé de l'ignorer. "Hitler's Willing Executioners" s'est très bien vendu, et les premières critiques l'ont largement encensé. Au contraire, "A Moral reckoning" fut un flop, malgré les gros efforts publicitaires de son editeur Knopf pour récidiver son premier coup. Mieux avertis, les critiques ont été beaucoup moins indulgents envers Goldhagen, et les commentaires vont de la révolte à la circonspection . Dans le Sunday Times, l'historien britannique Michael Burleigh alla jusqu'à traiter le livre d'"infâme" et de "caricature de l'histoire européenne".

Malgré ma colère face à l'utilisation perverse de l'Holocauste par Goldhagen pour promouvoir son agenda anti-catholique, j'avais espéré pouvoir rejoindre la vaste conspiration du silence, où, à travers elle, la plupart des spécialistes de l'Holocauste pouvait prétendre de façon polie et délicate que "A Moral Reckoning" n'existait pas. Mais le livre n'a pas vraiment disparu à la même vitesse que, disons, celui d'H.G. Well "Crux Ansata", publié en 1943 et tombé aussitôt dans les limbes de l'oubli. Au contraire, "A Moral Reckoning", tout comme la diatribe de Paul Blanshard "American Freedom and Catholic Power" de 1949, se creuse durablement une sorte de niche à l'extrême fin fond du Far-West de la culture américaine.
Là où la cuisine de Blanshard constitua le régime de base maintes fois resservi pour une sphère Evangélique traditionnellement anti-catholique, il en est de même pour Goldhagen avec une frange gauchiste, dont la haine du catholicisme prend sa source dans l'opposition de l'Eglise à l'avortement et au reste de leur programme libertaire. Le flot immense de livres ces récentes années attaquant le pape de la seconde guerre mondiale Pie XII, allant du "Hitler's Pope" de John Cornwell au "Papal Sins" de Garry Wills, était déjà néfaste (et Goldhagen, qui semble n'avoir jamais rien consulté que des documents de seconde main, se réfère constamment à ces ouvrages). Mais quand Goldhagen prolonge ces attaques pour exiger que l'Eglise catholique telle que nous la connaissons soit abolie, à cause de la honte et du danger qu'elle représente pour nous tous, il trace là les nouvelles frontières de l'outrance, et les anti-catholiques enragés ont tous répondu présent à l'appel, car sa diatribe est plus pernicieuse et extrême que toutes les autres critiques récentes du pape.

Ceci présent à l'esprit, il convient sans doute de relever les erreurs dans "A Moral Reckoning". De fait, Golhagen invite le lecteur à "reconnaître les faits irréfutables et la pleine vérité contenue dans ce livre". C'est une invitation qu'il n'aurait pas dû lancer. Dans l'édition de juin/juillet 2002 de First Things, Ronald J. Rychlak publia une liste exhaustive d'erreurs irrémessibles dans l'article du "New Republic" ; de façon surprenante, Goldhagen n'a jugé bon d'en prendre note que d'une infime partie.
Ainsi par exemple, la mise en place du ghetto juif à Rome, l'un des repères tragiques des relations judéo-catholiques, eut lieu en 1556 et non 1555 ; le ghetto de Venise en 1517, non 1516 ; le ghetto de Franckfort en 1462, non 1460 ; celui de Vienne en 1626, non 1570. Non que ce soient des erreurs importantes, mais ce sont là des erreurs simples, faciles à relever, faciles à vérifier. L'on ne peut d'ailleurs se fier à aucun des faits rapportés par Goldhagen. Il est en décalage de trois décades sur le début du processus de béatification de Pie XII et s'emmêle dans le rôle de Peter Gumpel (qui n'est pas l'avocat mais le juge indépendant [postulateur] de la cause de Pie XII). Il prétend que Pie XII n'a jamais fait de reproches ou puni le moine franciscain Miroslav Filopovic-Majstorovic, quand, en réalité, le dénommé "frère Satan" fut jugé, défroqué et exclu de l'ordre des Franciscains avant que la guerre ne se termine (il fut tué par les communistes peu après).
Il y a ensuite cette légende qui identifie une photo comme étant celle du "cardinal Michael Faulhaber défilant entre des rangées de SA [note - Sturm Abteilung, Section d'Assaut, une milice nazie] pendant une manifestation nazie à Munich", sauf que l'homme sur la photo n'est pas Faulhaber, mais le nonce du pape Cesare Orsenigo, la ville n'est pas Munich mais Berlin, et le défilé n'est pas un show nazi mais le défilé du 1er mai. Oh, et sans mentionner que l'irrascible Faulhaber fut un opposant célèbre des Nazis. En Octobre, une court de justice allemande empêcha la publication de "A Moral Reckoning" jusqu'à ce que le livre soit expurgé de la diffamation concernant Faulhaber.

Les erreurs s'enfilent comme les perles, la gestion hasardeuse des dates, des personnes, des lieux, le tout culminant dans l'utilisation sélective (ou ignorante) des preuves qui dépeignent Eugenio Pacelli (plus tard Pie XII) comme la source de l'antisémitisme de cette période. Reposant entièrement sur le livre "Le pape d'Hitler", Goldhagen reprend ce qui était déjà une grossière et mauvaise interprétation d'une lettre de 1919 (envoyée par Pacelli à Rome tandis qu'il servait comme nonce pontifical en Bavière) décrivant un groupe de révolutionnaires bolcheviques qui menèrent une émeute à Munich, et que Goldhagen résume de la sorte : "Les communistes révolutionnaires, ainsi que l'affirme Pacelli, étaient 'tous' Juifs."
Le concordat du Saint-Siège avec l'Allemagne en 1933 a longtemps été un met de choix pour les contempteurs de Pie XII, et en effet, il existe des motifs pour le critiquer. Mais Goldhagen ne peut se contenter de simples critiques : il faut qu'il le décrive comme "le premier grand triomphe diplomatique de l'Allemagne nazie", oubliant que le Pacte des Quatre* entre l'Allemagne, la France, L'Italie et l'Angleterre le précéda tout comme la reconnaissance de la SDN. "Le concordat de Pacelli aida à légitimer le régime nazi aux yeux du monde et à consolider son pouvoir en Allemagne", insiste pourtant Goldhagen.
Mais peu après la signature du concordat, Pacelli publia deux articles dans le quotidien du Vatican, "L'Osservatore Romano", expliquant sans amibigüité que l'Eglise a négocié un traité et rien de plus ; un traité qui n'implique aucune approbation morale d'Hitler ou du nazisme. Alors qu'il est véridique qu'Hitler pensait initialement qu'il pourrait utiliser le concordat pour brider l'Eglise, il vint à le regretter assez rapidement, comme le révèlent ses diatribes délirantes dans les "Conversations de table"**, précisément parce que ce concordat servait de base légale pour résister aux Nazis.

Les efforts de Goldhagen pour dépeindre Pacelli comme un homme dont toute la vie fut animée par l'antisémitisme, sont rendus possibles uniquement en tournant le dos à toutes les preuves du contraire. Guido Mendes, un physicien italien de premier plan et ami juif de toujours de Pacelli, n'est jamais mentionné par Goldhagen. Pas plus le fait que lorsque Guido Mendes perdit sa chaire d'enseignement à cause du fascisme antisémite, Pacelli intervint personnellement en sa faveur. Grâce à l'action de Pacelli, Mendes et sa famille purent s'échapper et s'installer finalement en Israël. Pacelli fut une pièce maîtresse dans l'élaboration de la condamnation historique de l'antisémitisme par le Vatican en 1916. Bruno Walter, le brillant chef d'orchestre de l'Opéra de Munich avec qui Pacelli se lia d'amitié peu de temps après son arrivée à Munich, se souvient que Pacelli aida son collègue musicien juif Ossip Gabrilowitsch, qui fut emprisonné durant un pogrom. Ces faits ne sont pas non plus mentionnés dans la polémique à sens-unique de Goldhagen.

Le clou de l'oeuvre de Goldhagen est l'allégation outrancière que Pie XII "ne daigna lever le petit doigt pour empêcher la déportation des Juifs de Rome" ou d'ailleurs en Italie, "en ordonnant aux religieux et religieuses de donner l'asile aux Juifs pourchassés, hommes, femmes et enfants." Le gros de ces allégations sont directement tirées du livre anti-Pie XII comme celui de Suzanne Zuccotti "Under His Very Windows" ["Sous Ses Propres Fenêtres"], et Goldhagen réitère ainsi les erreurs de ces livres en en rajoutant de son cru, dans sa tentative obstinée de surenchérir leurs thèses avec des injures outrancières visant l'existence même du catholicisme.
Goldhagen ne sait apparemment pas (ou, plus probablement, il n'en a que faire) que beaucoup de spécialistes ont déclaré que le livre de Zucotty "relevait plus de la conjecture que de l'histoire", ainsi que l'historien Owen Chadwick le qualifia. L'accusation principale de Zucotti, ânonée bêtement par Goldhagen, est qu'il n'y a pas de preuve crédible que Pie XII ait ordonné explicitement à ses subordonnés d'assister les Juifs en Italie. En fait, il existe toute une masse de preuves qui démontrent que Pie XII l'ait vraiment fait. En 1964, le cardinal Paolo Dezza, recteur de l'université Grégorienne Pontificale pendant la guerre, publia un article sous sa signature établissant sans ambigüité que pendant l'occupation de Rome par les Allemands, Pie XII lui a explicitement demandé d'aider les "Juifs persécutés", et de le faire avec "grand zèle". En 2001, dans son livre "Gli ebrei salvati da Pio XII", Antonio Gaspari compila divers témoignages additionnels. Et plus récemment, Gaspari tomba sur des nouveaux documents qui établissent que dès 1940, Pie XII ordonna explicitement à son secrétaire d'Etat Luigi Maglione et son assistant Battista Montini (le futur Paul VI), d'envoyer de l'argent aux Juifs protégés par l'évêque de Campagna.

La déportation nazie des Juifs d'Italie commença en Octobre 1943. Le pape Pie XII ordonna aux églises, monastères et couvents d'Italie de protéger les Juifs, et à Rome même, 155 couvents et monastères abritèrent cinq mille Juifs pendant toute l'occupation allemande. Pie XII lui-même accorda l'asile dans les murs du Vatican et dans sa résidence d'été de Castel Gondolfo à d'innombrables Juifs sans demeure. Le livre de Goldhagen ignore royalement l'épisode de Castel Gondolfo, qui tient une place unique dans les annales du sauvetage des Juifs (et des sauveurs catholiques) pendant l'Holocauste : dans aucun autre endroit à travers l'Europe occupée, autant de Juifs furent sauvés et protégés pendant une période aussi longue.
Les mémoires récemment parues d'Adolf Eichmann contiennent aussi des preuves qui contredisent les affirmations de Goldhagen. Les mémoires confirment que les protestations du Vatican ont joué un rôle crucial en faisant obstacle aux projets des Nazis contre les Juifs de Rome. Eichmann écrivit que le Vatican "protesta vigoureusement contre les arrestations des Juifs, demandant l'interruption de ce type d'action." Au procès d'Eichmann à Jérusalem, le procureur général israëlien Gédéon Hausner déclara : "le pape lui-même intervint personnellement en faveur des Juifs de Rome." Les documents avancés au tribunal fournissent des preuves supplémentaires de l'effort du Vatican pour stopper les arrestations et déportations des Juifs de Rome.

Aucune accusation n'est trop absurde pour ne pas être relayée par Goldhagen. Commentant les liens supposés du Vatican avec les criminels de guerre nazis, il prétend qu'Alois Hudal, un prélat autrichien et sympathisant Nazi, fut un "évêque catholique important au Vatican", ainsi qu' "un proche" de Pie XII ou Montini. En effet ajoute-t-il, aussi bien Pie XII que le futur Paul VI ont tous deux activement supporté Hudal dans sa criminelle assistance aux fuyards nazis criminels de guerre.
De fait, Alois Hudal ne fut jamais évêque "au Vatican", encore moins un "évêque important", mais bien plutôt un obscur recteur au collège "dell'Anima" de Rome, où il fut nommé pour être confiné dans un poste de peu d'importance. Hudal ne fut ensuite jamais un "proche" de Pie XII ou Montini. En réalité, les mémoires d'Hudal attaquent amèrement le Vatican et son obstiné refus de faire alliance avec l'Allemagne nazie pour combattre le "bolchevisme athée". Loin d'assister les criminels de guerre dans leur fuite, Pie XII autorisa le jésuite américain Edmund Walsh de soummettre au tribunal de guerre de Nuremberg un dossier documentant les crimes de guerre et atrocités nazies. Le livre récent de David Alvarez, "Spies in the Vatican: Espionage & Intrigue from Napoleon to the Holocaust" [Espions au Vatican : espionnage et intrigues de Napoléon à l'holocauste], montre à quel point Hitler se méfiait et méprisait Pie XII.

La charge de Goldhagen dans "A Moral reckoning" se concentre sur Pie XII comme symbole du mal catholique, et reprend presque toutes les accusations, même les plus discréditées, qui aient jamais été lancées contre lui. Mais Goldhagen ne limite pas sa diatribe anti-catholique à Pie XII. En réalité, la vraie finalité de toutes ces pièces sur l'Holocauste dans "A Moral Reckonig" semble apparaître dans les pages de conclusion attaquant le pape Jean-Paul II et l'Eglise catholique actuelle. Bien que Goldhagen reconnaisse à contre-coeur les efforts extraordinaires de Jean-Paul II de rapprocher les catholiques et les Juifs, il lui dénie immédiatement cet honneur et se contredit entièrement en accusant Jean-Paul II de tolérer les "libelles et haines antisémites" pendant sa visite en Syrie du printemps 2001.

Goldhagen avance que "ni Jean-Paul II ni aucun pape ne jugèrent opportun de faire (...) une déclaration publique directe et vigoureuse sur la culpabilité des catholiques et la nécessité pour tous les membres de l'Eglise qui ont péché pendant l'Holocauste de se repentir de leurs différentes offenses et fautes commises contre les Juifs".
Tout au contraire, Jean-paul II s'est fréquemment repenti et publiquement excusé. Lors de sa toute première audience papale avec des responsables Juifs, le 12 mars 1979, Jean-Paul II réaffirma la répudiation par le concile de Vatican II de toute forme d'antisémitisme, "à l'opposé de l'essence même de la chrétienté", et "que l'unique atteinte à la dignité de la personne humaine suffirait à condamner". Pendant sa visite de 1986 au chef de la synagogue de Rome - la toute première fois qu'un pape en fonction entra dans une synagogue - Jean-Paul II reconnut et s'excusa publiquement pour les fautes de l'Eglise. Insistant qu'il n'y avait aucune justification théologique de la discrimination, il s'excusa envers les Juifs romains de l'assistance (pour beaucoup des survivants de l'Holocauste) déclarant que l'Eglise condamne l'antisémitisme "d'où qu'il vienne, je répète : d'où qu'il vienne". En 1994, à l'initiative personnelle de Jean-Paul II, le Vatican établit des relations diplomatiques avec Israël. En 1998, l'Eglise publia "Nous nous souvenons : une réflexion sur la Shoah", un document officiel sur l'Holocauste. Et en 2000, le pape fit cette visite historique en Israël, l'un des grands legs de son pontificat, qui fit tant dans la réconciliation judéo-catholique.
Mais Goldhagen ne se soucie pas de cela. Il identifie la Chrétienté elle-même avec la source de l'antisémitisme et déclare : "la responsabilité principale de ce qui produisit cette haine de tout temps en Occident repose sur la chrétienté. Plus spécifiquement sur l'Eglise catholique". La qualification des Juifs comme assassins du Christ, prétend Goldhagen, remonte aux origines de la Chrétienté. En vérité, elle resterait centrale dans la pensée catholique d'aujourd'hui, et "cela a un lien évident et direct avec la genèse de l'Holocauste".

Ainsi que le signale le spécialiste juif Michael Berenbaum, Goldhagen "oublie de mentionner toutes les traditions de tolérance" dans la pensée catholique romaine, passée et présente. Il défigure également la pensée des premiers dirigeants de l'Eglise qui promouvèrent une attitude tolérante à l'égard des Juifs. La déformation de la pensée de saint Augustin sur les Juifs et le Judaïsme est particulièrement édifiante. Comme le dit Ronald Rychlack, l'exposé de Goldhagen sur saint Augustin "ne vaut pas plus qu'un torchon grossier et méprisable." Pareillement, l'affirmation gratuite de Goldhagen qu' "il n'y a aucune différence entre l'antijudaïsme de l'Eglise et son avatar l'antisémitisme européen" est une affirmation aussi peu nuancée que quelqu'un se prétendant historien pourrait effectivement avancer.

En résumé, la polémique de Daniel Jonah Goldhagen contre Pie XII, Jean-Paul II et l'Eglise catholique est bien en-deçà des standards minima requis de la compétence. Qu'un livre ait trouvé ses lecteurs dans les marécages fiévreux de l'anti-catholicisme n'est pas surprenant. Mais qu'un éditeur majeur tel que Knopf ait pu imprimer cette chose est un scandale à la fois intellectuel et d'édition.

Note 1 : En mars 1933, B. Mussolini parvient à promouvoir le "Pacte des Quatre" (France, Allemagne, Italie et Grande Bretagne), qui remettait entre les mains des chefs de ces quatre pays les affaires européennes.
Note 2 : Hitlers Tischgespräche im Führerhauptquartier. von Henry Picker