Samaritain

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Le bon Samaritain : l'hommage des Juifs au pape Pie XII
D'après Dimitri Cavalli, The good samaritain : Jewish Praise For Pope Pius XII (lien vers article original)
Publié par Inside the Vatican, Octobre 2000, page 72-77


Note de l'éditeur :
Le mensuel "Inside the Vatican" a consacré bon nombre de pages pour couvrir le violent débat sur le rôle du pape Pie XII pendant la guerre, et son supposé "silence" face aux persécutions des Juifs par les Nazis (voir en particulier les numéros de juin 1997 et octobre 1999). Nous continuerons à le faire, tant que ce débat fait rage. L'article [ci-dessous] rassemble une somme considérable de preuves sur la façon dont les Juifs considéraient l'action de Pie XII de son vivant. Après lecture de de l'article de Cavalli, il est frappant de constater combien fut différente l'opinion juive à propos de Pie XII pendant et immédiatement après la guerre et celle qui prévaut maintenant. Ceci pose une question fondamentale : les Juifs qui honorèrent et remercièrent Pie XII après la guerre se trompaient-il tous, étaient-ils hypocrites, ou bien les attaques visant Pie XII sont-elles simplement injustes ?




Pendant la seconde guerre mondiale, beaucoup de Juifs à travers le monde eurent l'occasion d'observer le comportement du pape Pie XII. Ils écoutèrent chacun de ses mots, scrutèrent chacune de ses actions. Au lieu d'y voir "le pape d'Hitler", la plupart des Juifs conclurent alors que les déclarations publiques de Pie XII étaient dirigées contre les Nazis, et que lui et ses subordonnés essayèrent de sauver des Juifs dans de nombreux pays occupés par les Nazis ou les puissances de l'Axe. Les abondants hommages extraordinaires et éloquents que le pape reçut autrefois de la part des Juifs, montrent que les allégations qu'il aurait été un collaborateur nazi et indifférent vis-à-vis de l'extermination des Juifs sont complètement injustifiées et injustes pour ceux qui suivirent sa carrière de près.

Les affirmations que le pape Pie XII était pro-nazi se fondent souvent sur sa période passée en Allemagne de 1917 à 1929 comme nonce apostolique, et sur son rôle direct, en tant que secrétaire d'Etat, dans la négociation du concordat * entre l'Allemagne et le Vatican en 1933. Ces faits étaient universellement connus quand Eugénio Pacelli fut élu pape le 2 mars 1939. Quelles furent les réactions des Juifs à travers le monde lors de son élection ? Etaient-ils contrariés par son passé en l'Allemagne ?
Dans un éditorial du 6 mars 1939 intitulé "Un guide pour la paix", le Palestine Post de Jérusalem écrivit : "Pie XII a clairement démontré qu'il entendait continuer l'oeuvre du défunt pape Pie XI pour la liberté et la paix (...). Nous nous souvenons qu'il prit une large part dans les récentes oppositions du pape aux pernicieuses théories des races et à certains aspects du totalitarisme (...)."
En se félicitant de l'élection du cardinal Pacelli, le Jewish Chronicle de Londres en date du 10 mars cita un discours anti-nazi qu'il fit à Lourdes en avril 1935, et les déclarations hostiles qu'il s'attira de la presse nazie. "Il est intéressant de rappeler (...) - ainsi que le Jewish Chronicle ne manqua pas de noter - que le 22 janvier [1939], le "Völkischer Beobachter" publia des photos du cardinal Pacelli et autres dignitaires de l'Eglise avec comme légende commune : "Agitateurs du Vatican contre le Fascisme et le National Socialisme".
Ce même 10 mars, le Canadian Jewish Chronicle applaudit le Collège des Cardinaux pour avoir su résister aux pressions des Nazis afin d'empêcher l'élection du cardinal Pacelli au pontificat. "La complot pour subtiliser l'Anneau du Pêcheur est parti en fumée blanche," railla-t-il dans son éditorial.
Beaucoup d'organisations juives exprimèrent également leur enthousisame pour le nouveau pape. D'après le Jewish Chronicle de Londres (du 10 mars), le Vatican reçut des messages de félicitations de la "communauté anglo-juive, du Conseil des Synagogues d'Amérique, du Congrès Juif Canadien, et du Conseil des Rabbins de Pologne."
La décision de Pie XII de nommer le cardinal Luigi Maglione nouveau secrétaire d'Etat du Vatican provoqua aussi des réactions favorables. Le numéro du 16 mars 1939 du Zionist Review à Londres mentionna que la désignation du cardinal "confirme l'opinion que le nouveau pape entend conduire une politique anti-nazie et anti-fasciste."
A l'évidence, de telles déclarations faites par des organisations et journaux juifs prouvent qu'ils considéraient le nouveau pape élu Pie XII comme un ami de la démocratie et de la paix, et un ennemi du racisme et du totalitarisme. Le rôle du cardinal Pacelli dans les négociations pour le concordat avec les Nazis ne provoqua aucune inquiétude. Au lieu de cela, beaucoup de Juifs citèrent ses discours anti-nazis, et son rôle au secrétariat d'Etat du Vatican où il collabora à l'encyclique anti-nazie de 1937, "Mit brennender Sorge", ainsi qu'aux innombrables protestations contre les persécutions de l'Eglise catholique en Allemagne.

Moins de deux mois après que la guerre éclata, Pie XII publia le 27 octobre 1939 sa première encyclique, Summi Pontificatus. Le même jour, la Jewish Telegraphic Agency basée à New-York, l'équivalent de l' "Associated Press", rapporta que la "condamnation implicite que Pie XII fit des théories de gouvernement racistes et matérialistes dans son encyclique "Summi Pontificatus" causa de profonds remous (...). Bien qu'il était prévisible que le pape attaque des idéologies hostiles à l'Eglise catholique, peu d'observateurs avaient prévu un document aussi direct (...)".
Dans un éditorial du 9 novembre 1939 intitulé "Doué de raison", les Israélites américains de Cincinnati discutèrent aussi de l'encyclique. "En déplorant le totalitarisme, le pape Pie XII définit l'individu comme une fin et l'Etat comme le moyen d'apporter l'égalité fondamentale entre les hommes, parce que tous les hommes sont doués de raison", proclame l'éditorial. "Cette conception de la démocratie est rappelée par l'encyclique du pape, insistant à nouveau sur l'inviolabilité et le caractère sacré de la personne humaine (...)."

En janvier 1940, le United Jewish Appeal for Refugees and Overseas Needs fit un don de 125 000$ au Vatican pour l'aider dans ses efforts en faveur de toutes les victimes des persécutions raciales. Le 19 janvier, le Jewish Ledger de Hartford, dans le Connecticut, commenta le don du Jewish Appeal : "un geste éloquent", qui "devrait se révéler un pas important vers le resserrement des liens de compréhension et de respect" entre les catholiques et les Juifs. Une comptabilité sur la façon dont l'argent fut utilisé est disponible dans les "Actes et documents du Saint Siege relatifs a la Seconde Guerre Mondiale", (Vol. VI, pp. 282-283).

Le 26 janvier 1940, le Jewish Advocate de Boston rapporta : "Radio Vatican cette semaine a diffusé ce qui s'avère une franche dénonciation des atrocités allemandes en Pologne [occupée] par les Nazis, déclarant qu'ils auraient à affronter la conscience morale de l'humanité." Le cardinal polonais en exil August Hlond, de Gnezo et Poznan, avait fourni au vatican des rapports détaillés sur les persécutions nazies de l'Eglise de Pologne. Sur instruction du pape, Radio Vatican diffusa les rapports du cardinal. La une du Jewish Advocate citait l'une des émissions de Radio Vatican qui déclarait : "Ces Juifs et ces Polonais sont conduits en troupeau dans des ghettos séparés, scellés hermétiquement et pitoyablement inadaptés pour la subsistance économique des millions de personnes destinées à y vivre." Cette émission était importante parce qu'elle donnait également une confirmation indépendante aux informations rapportées par les media sur les atrocités nazies, accusés par ces derniers d'être de la propagande alliée.
Le même jour, le Canadian Jewish Chronicle publia un bref article sur Jacob Freedman, un tailleur de Boston inquiet du sort de sa soeur et de son neveu en Pologne occupée. Il écrivit au Département d'Etat et de la Croix-Rouge, mais ceux-ci furent incapables de fournir une quelconque information. Mr. Freedman chercha alors à obtenir l'assistance de Pie XII. Quelques mois plus tard, le cardinal Maglione informa M. Freedman que sa famille était bien vivante et en bonne santé à Varsovie. "Je n'ai pas les mots pour exprimer ce que je ressens ; qu'ils s'intéressent à nous alors qu'ils doivent se préoccuper de tous ces évènements qui se passe dans le monde, " déclara M. freedman, "je pense que c'est la plus belle et merveilleuse des choses." D'après le livre de Pinchas Lapide publié en 1967, "Trois papes et les Juifs", l'Office d'Information du Vatican aida des dizaines de milliers de personnes à localiser leurs proches disparus en Europe.

Le 14 mars 1940, le Jewish Chronicle de Londres commenta les conditions de Pie XII pour "une paix juste et honorable", qu'il avait définie dans son message de Noël en 1939. The Chronicle écrivit que les conditions du pape, particulièrement la protection des minorités raciales, étaient "une heureuse initiative", et lui rendit hommage de s'être élevé pour défendre "les droits des plus humbles".

Ce même mois, des lois italiennes antisémites entrèrent en vigueur, et de nombreux Juifs furent exclus des postes universitaires, gouvernementaux, et d'autres professions. En réponse, Pie XII nomma plusieurs de ces spécialistes juifs dépossédés, dont le géographe Roberto Almagia, à des postes dans la Bibliothèque du Vatican. Le 29 mars, le Jewish Chronicle de Kansas City écrivit que ces actions du pape montraient "sa désapprobation envers les décrets iniques antisémites."
le 29 avril 1941, un groupe de réfugiés juifs internés dans un camp de concentration italien remercia Pie XII après avoir reçu la visite de l'évêque Francesco Borgognini-Duca, nonce apostolique en Italie. Les prisonnier écrivirent que la visite du nonce leur redonna "du courage et le goût de vivre", et ils décrirent le pape comme "une personne estimée qui s'éleva pour le droit de tous les peuples affligés et impuissants;" (Actes, VIII, pp. 178-179).

Le 2 janvier 1942, la une du California Jewish Voice s'ouvrait sur les déclarations du pape de Noël 1941 : "les persécutions religieuses et les oppressions des minorités n'ont aucune place dans le monde futur, déclara le pape Pie XII dans son message annuel de la veille de Noël".
Début 1942, les Nazis commencèrent à mettre en oeuvre leur plan d'extermination des Juifs. Le Vatican n'avait aucun moyen réel de faire stopper ces plans, mais chercha à assister les Juifs et autres victimes au cas par cas. Cette assistance allait de l'opposition active aux déportations à la mise à disposition de ressources spirituelles et matérielles pour les réfugiés. Par exemple, le 14 avril 1942, le rabbin Naftali Adler et le Dr Max Perles, représentants des milliers de réfugiés juifs internés dans le camp de concentration de Ferramonti dans le sud de l'Italie, envoyèrent une lettre de remerciement au pape, qui "envoya un abondant stock de vêtements et de linges" pour les enfants de ce camp, et qui prit soin de subvenir aux autres besoins des prisonniers. "Ce don noble et généreux prouve de nouveau ce que le monde entier sait et admire en Votre Sainteté, qui est également le gardien paternel et le promoteur d'un idéal d'humanité pour tous les hommes," écrivirent-ils. (Actes, VIII, pp. 505-507).

En 1942, les Juifs de Croatie furent brutalement persécutés par la dictature soutenue par les Nazis. Le 4 août, le grand rabbin de Zagreb, capitale de la Croatie, Miroslav Freiberger, chercha à obtenir plus d'assistance de la part de Pie XII. Le représentant non-officiel en Croatie du Vatican, Mgr Joseph Marcone, agissant sur les instructions du cardinal Maglione, s'opposa avec l'évêque Alois Stepinac aux persécutions anti-juives. Dans sa lettre, le grand rabbin Freiberger apprécia "la bonté sans limite que les représentants du Saint-Siège et les dirigeants de l'Eglise montra envers nos frères", (Actes, VIII, p. 611). Pendant toute la guerre, le grand rabbin continua d'exprimer sa gratitude au Vatican pour son aide envers les Juifs croates.

La déportation des Juifs français débuta fin juillet 1942. Mgr Valerio Valeri, nonce apostolique en France, protesta en août contre les déportations auprès du Maréchal Philippe Pétain et de son premier ministre Pierre Laval. L'intervention du nonce fut rendue publique à la fin du mois. Le 28 août, le California Jewish Voice écrivait : "le pape Pie XII a demandé au nonce apostolique à Vichy de protester contre le gouvernement de Laval à propos des arrestations et déportations inhumaines" des Juifs de France (...). Auparavant, des rapports de Genêve indiquaient que le pape avait essayé, en vain toutefois, d'utiliser ses bons offices en Slovaquie pour empêcher les déportations et autres cruautés."
Le compte-rendu du "Voice" est confirmé par les Actes. Le 31 octobre 1941, le cardinal Maglione donna à Mgr Valéri et au cardinal Gerlier de Lyon carte blanche pour "diminuer" la portée des lois antisémites, y compris les déportations. En avril 1942, le Vatican protesta contre la déportation des Juifs slovaques dans une note au gouvernement de Slovaquie.
Bien que ce fut Mgr Valeri qui formula la protestation, la presse juive avait compris qu'il agissait au nom de Pie XII. Dans un éditorial de septembre, le Jewish Chronicle de Londres écrivit : "l'action du pape est aussi une affirmation frappante de la maxime de son prédecesseur qu'aucun véritable chrétien ne peut-être antisémite(...)".

Dans son message de Noël de 1942, le pape condamna les traitements infligés aux "centaines de milliers de ceux qui, sans être responsables d'aucune faute, parfois seulement en raison de leur nationalité ou race, sont promis à la mort ou à une progressive extinction." Les défenseurs du pape font valoir que cela est une claire référence à l'Holocauste. Ses détracteurs insistent qu'il n'est pas allé suffisamment loin, et aurait dû explicitement condamner les Nazis. Mais ces mêmes Nazis comprirent très clairement ce que le pape signifiait. "D'une manière jamais vue auparavant, le pape a désavoué le Nouvel Ordre Européen National Socialiste," se plaint dans un rapport du 22 janvier 1943 l'Office Central de Sécurité du Reich. "Ici, il accuse virtuellement le peuple allemand d'injustices contre les Juifs, et se fait le porte-parole des criminels de guerre juifs." (Anthony Rhodes, Le vatican au temps des dictateurs (1973), pp. 272-273). Il me fut impossible de trouver la moindre référence de cette allocution du pape dans les nombreux journaux juifs que j'ai examinés. Cependant, dans une lettre du 20 janvier 1943 à Mgr Arthur Hughes,nonce apostolique en Egypte, Chaim Barlas, représentant turc de l'Agence juive écrivit : "L'attitude extrêment humanitaire de Sa Sainteté exprimant Son indignation contre les persécutions raciales fut une source de réconfort pour nos frères" (Actes, IX, p. 90). Si Pie XII fut silencieux au sens littéral du mot, alors jamais l'Office Central de Sécurité et Chaim Barlas n'auraient pu conclure de cette manière.

A la fin de l'année 1942, le grand rabbin de Jérusalem Isaac Herzog sollicita l'intervention du pape pour secourir des Juifs des Nazis. Le 12 février 1943, la réponse du Vatican au grand rabbin Herzog fut imprimé à la une du California Jewish Voice. "Le Vatican a fait parvenir un télégraphe cette semaine au grand rabbin Herzog, l'assurant qu'il ferait tout son possible pour les victimes des persécutions nazies, dont les Juifs." Le Jewish Chronicle de Londres et l'Australian Jewish News firent aussi écho aux assurances du Vatican envers le grand rabbin.

Le 16 avril 1943, l'Australian Jewish News publia un bref article sur le cardinal Gerlier, qui s'opposa fermement aux déportations de Juifs français et abritait des enfants juifs. Cet article citait le cardinal affirmant qu'il obéissait aux instructions de Pie XII en continuant de s'oppposer aux mesures antisémites en France.
Dans son allocuation du 2 juin au Collège des Cardinaux, le pape Pie XII éleva à nouveau la voix. Il mentionna les personnes "tourmentées de la sorte à cause de leur nationalité ou de leur race (...), et livrées, sans aucune faute de leur part, aux décrets d'extermination." Le 16 juillet 1943, le Jewish Chronicle de Londres publia une version légèrement différente à sa une intitulée "La sollicitude du pape."
Le 24 septembre, Alex Easterman, le représentant britannique au Congrès Juif Mondial, contacta Mgr William Godfrey, le délégué apostolique à Londres. Easterman l'informa qu'environ quatre mille réfugiés juifs de Croatie avaient été évacués en sécurité sur une île de la Mer Adriatique. "Je sais que les efforts de votre éminence et du Saint-Siège ont permis ces résultats inespérés," écrivit Easterman (Actes, IX, pp. 488-489).

Après la chute de Benito Mussolini, le nouveau gouvernement italien se rendit aux Alliés en septembre 1943. Les troupes allemandes occupèrent l'Italie et donc Rome, afin de stopper l'offensive alliée. Pendant l'occupation de Rome, les Nazis menacèrent d'arrêter les Juifs romains à moins que leurs dirigeants ne remettent en paiement cinquante kilos d'or. Alors que les Juifs romains n'en collectèrent que quarante-huit, ils se tournèrent vers le pape qui accepta de donner la différence. Pendant ce temps, les Juifs rassemblèrent le complément grâce à des catholiques ordinaires, et informèrent le Vatican que la contribution du pape n'était plus nécessaire. Le 28 octobre 1943 cependant, le Palestine Post de Jérusalem mentionna l'offre de Pie XII à sa une sous le titre "Le cadeau du pape pour les Juifs."
Le 16 octobre, les Nazis raflèrent près de mille Juifs et les déportèrent à Auschwitz. Le 29 octobre, le Jewish Chronicle de Londres rapporta la réponse du Vatican à ses arrestations : "Le Vatican a entrepris des démarches énergiques auprès du gouvernement allemand et du Haut-Commandement Allemand en Italie contre la persécution des Juifs en Italie occupée par les Nazis(...)."
Ce compte-rendu des agissements du Vatican est tout à fait extact. Sur ordre de Pie XII, le cardinal Maglione éleva une protestation immédiate auprès de l'ambassadeur d'Allemagne. L'évêque Alois Hudal **, recteur de l'Eglise catholique allemande à Rome ***, protesta contre les arrestations des Juifs auprès du gouverneur militaire de Rome. En même temps que le Vatican protestait, quatre mille sept cents Juifs disparurent dans les couvents et monastères de Rome, et même au Vatican. Le reste des deux mille trois cents Juifs purent trouver refuge ailleurs, les protestations du Vatican ayant fait cesser les rafles.

En 1943, les nombreux efforts de la part du Vatican pour secourir les Juifs furent reconnus universellement. A l'automne 1943, les communautés juives du Chili, du Paraguay et de Bolivie envoyèrent des missives au pape Pie XII le remerciant pour son assistance auprès des Juifs (Actes, IX, pp. 498, 501-502, and 567).
L'almanach des Juifs américains de 1943-1944 indique que Pie XII "prit position de manière univoque contre l'oppression des Juifs à travers l'Europe". Dans sa lettre du 18 février à Mgr Amleto Cicognani - délégué apostolique à Washington D.C - le rabbin Maurice Perlzweig, directeur politique du Congrès Juif Mondial, écrivit que "les interventions répétées du Saint-Père en faveur des communautés juives d'Europe ont suscité les plus profonds sentiments d'appréciation et de gratitude des Juifs du monde entier."
Deux importants responsables juifs qui oeuvraient avec le Vatican pour secourir les Juifs exprimèrent des sentiments identiques. "Le peuple d'Israël n'oubliera jamais ce que Sa Sainteté et ses illustres représentants, inspirés par les principes éternels de la religion qui forment les fondations mêmes des vraies civilisations, firent pour nos frères et soeurs infortunés dans cette période la plus tragique de notre histoire, et qui est la preuve vivante de la divine Providence dans ce monde", déclara le grand rabbin Herzog le 28 février (Actes, X, p. 292). Dans sa lettre du 7 avril au nonce apostolique de Roumanie, le grand rabbin de Bucarest Alexandre Shafran écrivit : "il n'est pas facile pour nous de trouver les mots justes pour exprimer la chaleur et la consolation que nous éprouvâmes grâce à la sollicitude du Souverain Pontife, qui offrit une forte somme pour soulager les souffrances des Juifs déportés (...). Les Juifs de Roumanie n'oublieront jamais ces faits d'une importance historique (...)" (Actes, X, pp. 291-292).

En juin 1944, deux évènements distincts contribuèrent à renforcer la réputation du pape comme sauveur - parfois au moins temporairement - des Juifs. Quand les alliés libérèrent Rome, des milliers de Juifs sortirent de leurs cachettes et dirent au monde comment le Vatican les avait sauvés. Le 25 juin, le Pape protesta publiquement contre les déportations de Juifs hongrois.
De nombreux hommages en faveur de Pie XII apparurent en juillet. "C'est peu à peu que l'on nous révèle comment des Juifs ont été protégés à l'intérieur même des murs du Vatican pendant l'occupation de Rome," rapporta le Jewish News de Détroit le 7 juillet. Un éditorial du 14 juillet du Congress Weekly, le journal officiel du Congrès Juif Américain, ajouta que le Vatican ravitailla aussi les réfugiés juifs en nourriture casher.
Ce même 14 juillet, l'American Hebrew de New-York publia une interview du grand rabbin de Rome Israël Zolli. "Le Vatican a toujours aidé les Juifs, et les Juifs sont très redevables envers l'oeuvre charitable du Vatican, faite sans distinction de race", déclara Zolli. Après la guerre, le rabbin Zolli se convertit au catholicisme, ce qui lui valut de sévères critiques de la part de quelques Juifs. La conversion du Dr zolli fut largement attribuée à la gratitude qu'il éprouvait pour ce que le pape fit en faveur des Juifs. Dans ces mémoires de 1954, "Avant l'aube", le Dr Zolli nia cependant cette assertion. Il affirme au lieu de cela avoir été saisi par une vision du Christ qui l'appelait à la foi.
Une semaine plus tard, le 21 juillet, le Vatican reçut des télégrammes du National Jewish Welfare Board et du Congrès Juif Mondial. Le National Jewish Welfare Board exprimait sa gratitude envers le pape pour "l'aide et la protection accordées à tant de Juifs italiens au Vatican (...)" (Actes, X, pp. 358-359). Le Congrès Juif Mondial remercia également le Vatican pour son "noble travail humanitaire" en faveur des Juifs hongrois (Actes, X, pp. 359).

Les déportations des Juifs hongrois horrifièrent les Alliés et les pays neutres. Le Comité Juif Américain et d'autres organisations juives manifestèrent au Madison Square Park de Manhattan le 31 juillet pour alerter l'opinion publique sur les déportations. Dans son discours, le juge Joseph Proskauer, le président du comité, annonça : "Nous savons (...) quelle grande part le Saint-Père a pris dans les secours aux réfugiés d'Italie, et nous savons de sources crédibles que ce grand pape a tendu sa main puissante et protectrice pour aider les opprimés de Hongrie. " (discours obtenu par l'American Committee Library de Manhattan).
Pendant les mois suivants, le rabbin Stephen Wise, président du Congrès Juif Américain, le grand rabbin Joseph Hertz de l'Empire britannique, le compositeur Irving Berlin, Emmanuel Cellar de Brooklyn et représentant au Congrès, le Comité d'Urgence pour Sauver les Juifs d'Europe, l'Union des Rabbins Orthodoxes des Etats-Unis et du Canada, et le World Agudas Organization rendirent également hommage à l'aide que Pie XII procura aux Juifs menacés. A l'époque, le rabbin Wise condamna aussi l'indifférence des chrétiens envers l'extermination des Juifs.

Avec la libération de Rome, le pape rencontrait fréquemment des soldats alliés. Pendant un entretien, il bénit en hébreux un soldat juif de Palestine. Dans le Congress Weekly du 20 octobre 1944, Elias Gilner vit dans cet acte une profonde signification. Gilner écrivit que cette bénédiction du pape "formait un acte mémorable, un message de bonne volonté d'une immense portée, une expression du meilleur de l'esprit chrétien". Gilner ajouta que Pie XII, par cette bénédiction, inaugurait une nouvelle ère dans les relations judéo-catholiques.

Les hommages à Pie XII de la part des Juifs continuèrent après la fin de la guerre en Europe. Le 22 avril 1945, Moshe Sharrett, futur ministre des affaires étrangères et Premier ministre d'Israël, envoya un compte-rendu de son entretien avec le pape à l'Exécutif de l'Agence Juive. Sharrett écrivit que "son premier devoir fut de le remercier, et à travers lui l'Eglise catholique, au nom du peuple juif, pour tout ce qu'ils firent dans divers pays pour secourir les Juifs, sauver les enfants, et les Juifs en général." (Lapide, pp. 225-226)
le 11 octobre, le Congrès Juif Mondial fit une donation de 20 000$ pour les oeuvres du Vatican. D'après le New-York Time du 12 octobre 1945, ce don fut "fait en reconnaissance du travail du Saint-Siège pour sauver les Juifs des persécutions fascistes et nazis." Bien que les responsables actuels du Congrès Juif Mondial ont une vue bien différente de l'action du Vatican pendant la guerre, il ne se rétractèrent jamais de cette reconnaissance.
Pendant une conférence faite à Saint-Louis le 17 mars 1946 sur le calvaire des réfugiés juifs déplacés, William Rosenwald, président du Jewish Appeal for Refugees, Overseas Needs and Palestine, déclara : "Je souhaite profiter de cette occasion pour rendre hommage au pape Pie XII pour son appel en faveur des victimes de la guerre et de l'oppression. Il subvint aux besoins des Juifs d'Italie et intervint en faveur des réfugiés pour les soulager de leurs souffrances" (New York Times, 18 mars 1946). La semaine précédente, le pape accorda une audience à M. Rosenwald. D'après M. Rosenwald, le pape indiqua que les survivants de l'Holocauste et les réfugiés juifs devraient être autorisés à s'installer aux Etats-Unis.
Dans un article paru dans le magazine Commentary de novembre 1950, l'intellectuel français et survivant de l'Holocauste Léon Poliakov discuta de la conduite du Vatican pendant la guerre. Poliakov suggéra que le Vatican pendant l'Holocauste en était revenu à sa vieille "tradition médiévale" d'assurer une protection auprès des Juifs victimes des persécutions d'Etat. "Il n'y a pas de doute que des instructions secrètes ont été émises du Vatican pressant les Eglises nationales à intervenir en faveur des Juifs par tous les moyens," écrivit Poliakov. De fait, d'après les volumes VI, VIII, IX, and X des Actes, ces instructions furent envoyées aux nombreux représentants diplomatiques du Vatican.
Et pourtant, Poliakov était embarrassé parce qu'il jugeait les déclarations publiques du Vatican trop vagues. Mais Poliakov concéda l'argument que des "protestations publiques n'auraient été d'aucune utilité pour les victimes, et auraient même pu avoir un effet contraire à celui recherché." Il cita le cas tragique des Pays-Bas, où les protestations des évêques catholiques hollandais contre les déportations des juifs en 1942 provoquèrent l'arrestation des Juifs catholiques, précédemment épargnés par les Nazis.

En 1955, l'Orchestre Philarmonique d'Israël, composé de réfugiés juifs originaires de multiples nations, entreprit une tournée en Italie. L'orchestre joua au Vatican le 26 mai. D'après le Jerusalem Post du 29 mai 1955, "le chef d'orchestre Paul Klecki a demandé que l'orchestre pour sa première visite en Italie joue devant le pape dans un geste de gratitude pour l'aide que son Eglise apporta à tous ceux qui furent persécutés par le fascisme nazi."
En 1957, le pape reçut une délégation du Comité Juif Américain. Le numéro du New-York Time du 29 juin 1957 rapporta que les représentants du comité qualifièrent le pape d'"ami précieux" dans la bataille contre le racisme et l'antisémitisme aux Etats-Unis. Le pape félicita également le travail du Comité, et fit une forte déclaration condamnant l'antisémitisme.

Le pape Pie XII mourut le 8 octobre 1958. Beaucoup d'organisations juives et de journaux à travers le monde pleurèrent sa mort, et rappelèrent ses efforts pour secourir les Juifs pendant la guerre. Aux Nations-Unis, Golda Meir, le ministre des affaires étrangères d'Israël, déclara : "Quand le martyre frappa notre peuple pendant la décade de terreur nazie, la voix du pape s'éleva en faveur des victimes. La vie de notre temps fut enrichie par une voix exprimant les grandes vérités morales au-dessus du tumulte quotidien du conflit mondial." Le Zionist Record du 17 octobre en Afrique du Sud publia l'éloge émouvant de Golda Meir aux côtés des hommages des différentes organisations juives au défunt pape.
"Les membres de toutes les croyances et de tous les partis se souviendront de la façon dont Pie XII fit face aux responsabilités de sa charge exaltante avec courage et dévotion," déclara le Jewish Chronicle de Londres le 10 octobre. "Avant, pendant et après la guerre, il prêcha constamment un message de paix. Confronté aux cruautés monstrueuses du nazisme, du fascisme et du communisme, il proclama inlassablement les vertus de l'humanité et de la compassion."
Dans le numéro du 17 octobre du Canadian Jewish Chronicle, le rabbin J. Stern rappela que Pie XII "fit l'impossible pour des milliers de victimes juives du nazisme et du fascisme afin de les mettre à l'abri (...)". Dans l'édition du 6 novembre du Jewish Post de Winnipeg, William Zukerman, un ancien éditorialiste juif américain, écrivit qu'aucun autre dirigeant "n'a fait plus que le defunt pape pour aider les Juifs dans ces temps d'extrême tragédie pendant l'occupation nazie de l'Europe."
Les représentants du Congrès Juif Mondial, du Congrès Juif Américain, du Comité Juif Américain, du Conseil des Synagogues d'Amérique, du Bureau des rabbins de New-York, de la Ligue Anti-Diffamation, du Bureau des Rabbins de Massachusetts, du Conseil des Rabbins d'Amérique, du Conseil National des Femmes Juives, et de l'Union des Congrégations Hébraïques Américaine firent aussi l'éloge du pape Pie XII avec élégance. Les grands rabbins de Londres, Rome, Jérusalem, France, Egypte, Argentine et bien d'autres journaux juifs rendirent également hommage au défunt pape.

Comment les détracteurs de Pie XII expliquent-ils toutes ces déclarations d'estime de la part des Juifs ? Ils préfèrent les ignorer. Toute reconnaissance de ces hommages affaiblirait fatalement leur dossier contre lui.
Au lieu de cela, ses critiques se focalisent toujours sur le "silence" du pape, sans mentionner ce qu'il déclara vraiment pendant la guerre, et comment ses déclarations furent perçues par tous les protagonistes ; ils soulignent que le pape ne fit pas grand chose voire rien du tout pour aider les Juifs à fuir les nazis ; ils citent exclusivement les auteurs qui l'attaquent tandis qu'ils ignorent ceux qui le défendent ; et ils lui prêtent de sinistres motifs usant de la suspiscion et d'une interprétation biaisée des preuves.
Récemment, dans le magazine Commentary de Juillet/Août 1999, le professeur Robert Wistrich prétend qu'il est injuste de citer ces hommages de Juifs, parce que les preuves accablantes contre le pape furent découvertes après sa mort. Mais cet argument ignore le fait que beaucoup de révélations d'après-guerre furent très favorables au pape. En 1946, le journal du Vatican confirma que Pie XII a agi en 1940 comme intermédiaire entre un groupe de généraux allemands qui voulaient renverser Hitler et le gouvernement britannique. La publication de documents du Foreign Office britannique des années plus tard confirma également son rôle dans le "complot des généraux". La publication en 1953 de 'The Undeclared War" par William Langer et sir Everett Gleason révéla la surprenante concession en 1941 du pape au président Franklin Roosevelt à propos de l'extension de la loi "Prêt-Bail" à l'Union Soviétique ****, que les catholiques américains pouvaient soutenir sans réserve.

Les conclusions de la première génération des auteurs critiques du pape comme Rolf Hochhuth, Günther Lewy, Saul Friedlander et Carlo Falconi furent invalidées par la publication complète des onze volumes des Actes. Malheureusement, ces volumes, qui détaillent les relations du Vatican avec tous les gouvernements belligérants et l'assistance donnée à toutes les victimes de la guerre, ont été soit ignorés soit minimisés par les historiens et les journalistes.
Beaucoup d'organisations juives ne se privèrent pas d'attaquer le père Charles Coughlin, un animateur antisémite d'émission radio. Si ces mêmes organisations étaient vraiment en désaccord avec l'action de Pie XII, comme le père John Pawlikosoki le suggéra dans le magazine Commweal du 17 juillet 1998, alors pourquoi ont-ils publiquement honoré le pape pendant toute la guerre et au-delà ? Comment des Juifs répartis sur les six continents ont-ils pu tous se tromper aussi tragiquement sur un homme ? Se pouvait-il qu'ils fussent benoîtement aussi ignorants ou extrêmement naïfs ?

Beaucoup de catholiques furent troublés par le fait que nombre de ces mêmes organisations qui condamnent Pie XII aujourd'hui n'avaient jamais laissé passer une occasion de lui rendre hommage auparavant. Qu'est-ce qui a pu causer un tel revirement dans l'attitude des Juifs envers le défunt pape ?
Certains écrivains catholiques désignent l'influence de la pièce de 1963 de Rolf Hochhuth, "Le Vicaire", qui présentait le pape comme un froid collaborateur nazi qui ne fit rien alors que six millions de Juifs se dirigeaient vers un funeste destin. Cependant, les allégations que le Vatican collabora avec les Nazis ne sont pas apparues avec Hochhuth. Du vivant de Pie XII, les auteurs anti-catholiques tel que Avro Manhattan ("The Vatican in World Politics", 1949) et Paul Blanshard ("American Freedom and Catholic Power", 1949) condamnèrent son action pendant la guerre. Bien que Manhattan et Blanshard ne trouvèrent qu'un faible écho dans quelques cercles protestants et fondamentalistes chrétiens, beaucoup de Juifs continuèrent d'avoir une opinion favorable sur l'action du pape pendant la guerre.
D'autres glissements culturels de la société veillèrent à ce que le portrait démoniaque de Hochhuth soit accepté comme vérité d'évangile. Peu après la représentation de la pièce de Hochhuth, un mouvement du nom de "Nouvelle Gauche" déferla dans les campus d'universités. Cette "Nouvelle Gauche" était plus qu'un mouvement politique : c'était aussi un mouvement culturel dont les membres accaparèrent d'importantes positions dans les universités, les média et l'industrie du divertissment. L'Eglise catholique s'opposa fermement au programme de cette "Nouvelle Gauche" sur l'avortement légal, la contraception et la libération sexuelle. Les activistes avaient besoin d'une arme pour saper l'autorité morale et l'influence de l'Eglise catholique. "Les silences de Pie XII" furent une arme puissante et utilisée en toute occasion. De quel droit l'Eglise qui a failli dans son devoir de s'opposer aux massacres en masse des Juifs peut-elle nous parler de moralité ? Il y a quelques années, la conférence des évêques catholiques des Etats-Unis critiquèrent le chirurgien Jocelyn Elders pour ses opinions pro-avortement. Le docteur Elders répondit en soulignant l'indifférence de l'Eglise catholique à la fois envers l'esclavage et l'Holocauste.

Malheureusement, les organisations juives ne se sont jamais expliqué sur leur revirement à propos du pape. On ne saura jamais clairement pourquoi, tant que les organisations juives ne se décident pas à fournir des explications honnêtes et convaincantes après quarante années d'esquive.
Est-ce que ce glissement pourrait rebasculer ? C'est possible. Ces dernières années, de nombreux journaux et magazines catholiques ont défendu avec zèle la réputation de Pie XII. La Ligue Catholique pour les Droits Civils et Religieux a porté avec succès le débat sur le rôle du Vatican pendant la guerre dans les média de masse. Dans son nouveau livre "Never Again : a History of the Holocaust", l'historien et spécialiste reconnu de l'Holocauste sir Martin Gilbert considère le Vatican comme l'un des gouvernements qui protéga les Juifs. Le livre du professeur William Rubinstein, "The Myth of Rescue (1997)", qui reçut une vive attention et aussi beaucoup de critiques, soutient que le Vatican n'aurait pu sauver plus de vies juives. La sobre conclusion de Rubinstein que "la responsabilité de l'Holocauste incombe seulement et uniquement sur Adolf Hitler, les SS et leurs acolytes, et aucun autre," préfigure un retour à la raison.
Cela peut prendre une génération pour restaurer l'honneur de Pie XII. Cependant, de plus en plus de gens aujourd'hui reconnaissent qu'il a agi comme un bon Samaritain pendant la guerre. Alors que le pape échoua à empêcher la guerre, il se dévoua immédiatement pour soulager les souffrances physiques et morales d'un nombre incalculable d'innocentes victimes sans considération de leur race ou de leur religion. Comme feu le père Robert Graham l'écrivait, les nombreux hommages que le pape reçut des Juifs de part le monde sont un témoignage à la fois de ces efforts et de sa personnalité.

(Cavalli est un écrivain indépendant vivant à New-York, avec un Master of Art de l'université Catholique. Il est reconnaissant au révérend Matthew Flood de Fordham Prep dans le Bronx, New-York, et à Angelo Sedacca pour la traduction des documents des Actes en anglais. Les journaux juifs cités sont disponibles sur microfilm à la division juive de la bibliothèque municipale de la New York Public Library.)

Note 1 : Il est impossible de comprendre le concordat avec l'Allemagne sans mentionner le "Kulturkampf" qui fut un véritable traumatisme pour l'Eglise catholique allemande, peut-être plus encore que la loi de séparation de l'Eglise et de l'Etat en 1905 pour la France.
Note 2 : Cet évêque Alois Hudal est une figure des plus controversées ; il semble néanmoins que son rôle pour stopper les rafles des Juifs en Italie soit attesté par Simon Wiesenthal, qui consacra sa vie à pourchasser les criminels de guerre nazis.
Note 3 : En fait le "Collegio Teutonico di Santa Maria dell’Anima" (ou, plus simplement, Anima).
Note 4 : L'encyclique de Pie XI rédigée en 1937 "Divini Redemptoris" est une féroce charge contre le communisme et donc indirectement contre l'URSS ; le programme prêt-bail (Lend-Lease) en 1941 facilita entre autre la fourniture de matériels de guerre des Etats-Unis à l'URSS.